À Roland-Garros, la Fédération française de tennis accorde huit wild cards par tableau de simple : la wild card au tennis est une invitation qui fait entrer un joueur dans le tournoi sans le classement requis. En 2026, l'édition des Internationaux de France en a offert seize, dont six à des Français dans chaque tableau.
Qu'est-ce qu'une wild card au tennis ?
Une wild card, ou invitation, désigne une place réservée par l'organisateur d'un tournoi de tennis à un joueur ou une joueuse qui ne remplit pas les conditions d'entrée habituelles. Dans un tableau classique, l'accès se décide par le classement ATP chez les hommes et WTA chez les dames : les mieux classés entrent directement, les suivants passent par les qualifications. La wild card court-circuite cet ordre. L'organisateur l'attribue à sa discrétion, et le bénéficiaire prend une case du tableau principal ou du tableau des qualifications.
Le terme vient de l'anglais, où il désigne au poker la carte qui remplace n'importe quelle autre. Le français parle d'« invitation » ou d'« invitation privilégiée », mais l'anglicisme domine dans les médias sportifs. Le mécanisme existe aussi au tennis de table et dans d'autres sports : en cyclisme sur route, les organisateurs du Tour de France invitent des équipes hors World Tour, et la Major League Soccer réserve des places à des clubs sans qualification sportive. Le principe reste identique : un organisateur choisit un participant que le règlement sportif n'aurait pas retenu.
Combien de wild cards compte un tournoi du Grand Chelem ?
Un tournoi du Grand Chelem distribue huit wild cards dans le tableau principal du simple messieurs et huit dans celui du simple dames, auxquelles s'ajoutent des invitations pour les qualifications. Les règlements de l'ATP et de la WTA fixent ce nombre, mais ces instances ne contrôlent pas le choix des noms : chaque organisateur décide seul. Les tournois Masters 1000, ATP 500 et ATP 250 en accordent moins, à proportion de la taille de leur tableau.
Pour l'édition 2026 de Roland-Garros, disputée du 24 mai au 7 juin à Paris, la FFT a publié sa liste le 11 mai : huit noms par tableau principal, puis neuf hommes et neuf femmes invités dans le tableau des qualifications, joué du 18 au 22 mai. Une invitation en qualifications ne garantit rien : le joueur doit encore gagner trois matchs pour rejoindre le tableau final.
Comment la FFT choisit les invités de Roland-Garros
Les wild cards de Roland-Garros se décident au sein de la Fédération française de tennis, sur une liste préparée par la direction technique nationale puis validée par un comité où siègent les dirigeants de la fédération et le directeur du tournoi, selon un article publié en 2014 par BNP Paribas sur son site We Are Tennis. Deux critères dominent :
- les résultats récents sur terre battue, en particulier lors des tournois Challenger et ITF du printemps ;
- la nationalité, puisque l'immense majorité des invitations revient à des joueurs français.
Le processus d'attribution des wild cards mêle donc le mérite sportif et l'intérêt du tournoi, qui veut voir participer des Français suivis par le public. Aucun barème public ne fixe l'ordre de priorité. La fédération pèse aussi la progression d'un jeune, le retour d'un joueur après une blessure ou la dernière participation d'un ancien. Ce flou alimente chaque année des débats, car un joueur classé 150e peut rester à la porte tandis qu'un autre, plus loin au classement, obtient sa place. Le calendrier compte aussi : les invitations françaises tombent souvent après les tournois de mai, qui servent de dernier test.
Les accords avec l'Australie et les États-Unis
Une partie des wild cards de Roland-Garros ne relève pas du choix français mais d'accords de réciprocité. La FFT, Tennis Australia et l'USTA s'échangent des invitations : Paris accueille un Australien et un Américain dans chaque tableau, l'Open d'Australie et l'US Open invitent en retour des joueurs français. Le tournoi de Wimbledon reste en dehors de ce système, car il dépend d'un club privé, l'All England Lawn Tennis and Croquet Club, et non d'une fédération.
En 2026, les échanges ont profité aux Australiens Adam Walton et Emerson Jones, et aux Américains Nishesh Basavareddy et Akasha Urhobo, dans le tableau principal. Ces accords expliquent pourquoi six invitations seulement, sur huit, vont à des Français dans chaque simple. Les compétitions internationales par équipes, comme la Coupe Davis, suivent une autre logique : la sélection y appartient au capitaine, pas à l'organisateur. Le détail des coupes et compétitions internationales montre la variété de ces formats d'accès.
Les invités du tableau principal en 2026
La liste 2026 mêle des Français proches du top 100, des adolescents et un ancien en fin de carrière. Le tableau reprend le classement publié au 4 mai 2026 par la FFT.
| Joueur ou joueuse | Pays | Âge | Classement au 4 mai |
|---|---|---|---|
| Titouan Droguet | France | 24 ans | 109e |
| Hugo Gaston | France | 25 ans | 118e |
| Arthur Géa | France | 21 ans | 143e |
| Clément Tabur | France | 26 ans | 167e |
| Gaël Monfils | France | 39 ans | 222e |
| Moïse Kouame | France | 17 ans | 313e |
| Adam Walton | Australie | 27 ans | 103e |
| Nishesh Basavareddy | États-Unis | 21 ans | 154e |
| Léolia Jeanjean | France | 30 ans | 127e |
| Sarah Rakotomanga | France | 20 ans | 159e |
| Fiona Ferro | France | 29 ans | 197e |
| Alice Tubello | France | 25 ans | 256e |
| Ksenia Efremova | France | 17 ans | 623e |
| Clara Burel | France | 25 ans | non communiqué |
| Emerson Jones | Australie | 17 ans | 129e |
| Akasha Urhobo | États-Unis | 19 ans | 183e |
Source : liste des invitations publiée par la FFT le 11 mai 2026.
Ksenia Efremova, l'invitation la plus lointaine au classement
Ksenia Efremova, 17 ans, figurait au 623e rang mondial lors de l'annonce : aucun autre invité du tableau principal ne partait d'aussi loin. Le choix de la FFT pour Ksenia Efremova illustre le pari sur la progression plutôt que sur le classement du moment, comme celui fait pour Moïse Kouame, 313e à 17 ans, côté messieurs. Pour une joueuse de cet âge, disputer un match du Grand Chelem sur le court d'un tournoi majeur vaut une expérience qu'aucun tournoi ITF ne donne. Efremova a ainsi découvert le tableau principal des Internationaux de France avant même d'intégrer le top 500.
Gaël Monfils, l'invitation d'un ancien
Gaël Monfils, 39 ans et 222e au classement ATP, a reçu une wild card pour ce que la fédération présente comme son dernier Roland-Garros. Ce type d'invitation récompense une carrière plus qu'un résultat récent. Roland-Garros avait agi de la même façon en 2008 pour Gustavo Kuerten, triple vainqueur du tournoi, invité pour un dernier match à Paris.
Quels avantages une wild card apporte-t-elle ?
Une wild card garantit d'abord une place dans le tableau final, donc le prize money du premier tour et les points ATP ou WTA attachés à chaque victoire. Pour un joueur classé au-delà de la 100e place, ce gain peut financer une saison entière sur le circuit Challenger. L'invitation offre aussi une exposition rare : les matchs de Roland-Garros passent à la télévision, et la diffusion des matchs à la télé et en streaming donne aux jeunes une visibilité utile auprès des sponsors.
Le bénéfice reste parfois spectaculaire. Goran Ivanisevic, 125e mondial, a remporté Wimbledon en 2001 avec une wild card, une première dans l'histoire du Grand Chelem. Kim Clijsters, sans classement après sa retraite, a gagné l'US Open en 2009 grâce à une invitation. À l'inverse, les meilleurs du monde, de Roger Federer à Novak Djokovic, n'en ont jamais besoin dans un tournoi majeur : leur classement les qualifie d'office.
Pourquoi certaines wild cards sont-elles controversées ?
Les wild cards suscitent des critiques parce que leur attribution échappe à toute règle écrite. Au tennis, la préférence nationale assumée par la FFT, l'Open d'Australie et l'US Open place un étranger mieux classé derrière un joueur local. Des liens personnels ou commerciaux pèsent aussi : Marko Djokovic, frère de Novak, a obtenu plusieurs invitations sans jamais entrer dans le top 500.
Le cas le plus récent vient du Kenya : en janvier 2026, la fédération kényane a reconnu une erreur après avoir accordé une wild card à une joueuse égyptienne dont le niveau ne permettait pas de disputer un match professionnel, selon Le Figaro. Les défenseurs du système rappellent que les invitations financent la formation et remplissent les tribunes. Les règles de score évoluent elles aussi au fil des débats, à l'image du super tie-break en 10 points, adopté pour trancher les matchs trop longs.
Wild card à Roland-Garros : invitation, réciprocité et qualifications
Une wild card peut-elle se refuser ?
Un joueur peut décliner une wild card, par exemple pour cause de blessure. L'organisateur attribue alors la place à un autre joueur de son choix, ou la case revient au premier « lucky loser » des qualifications si le tableau a déjà fait l'objet du tirage.
Un étranger peut-il recevoir une invitation à Roland-Garros hors accords ?
La FFT peut inviter un étranger hors accords, comme le Belge David Goffin, 249e, invité dans le tableau des qualifications en 2026. Ces cas restent rares au profit des joueurs français.
Combien de wild cards un même joueur peut-il recevoir ?
Aucune limite fixe ne s'applique en Grand Chelem : Lucas Pouille a reçu trois invitations en un an, deux à Roland-Garros et une à l'Open d'Australie. Les circuits ATP et WTA encadrent en revanche le nombre d'invitations par tournoi.
















